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Enquête PISA 2016, le système éducatif français voit ses inégalités augmenter

| 30 décembre 2016 | 2 commentaires

Début décembre, nous avons découvert le dernier classement PISA (Program for International Student Assessment), le Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 15 ans. Une nouvelle gifle pour la France qui se retrouve à la 26e place, sur 72 états membres, après Singapour, le Japon, le Canada, l’Allemagne qui a fort progressé, ou encore la Chine, la Suisse, les Pays bas ou l’Australie.

Ce programme, mené par l’OCDE, existe depuis 16 ans. Il permet de comparer les différents systèmes éducatifs mondiaux et de mesurer leur évolution. La France n’a semble-t-il pas encore tiré de véritable leçon des résultats de cette enquête tandis que d’autres pays comme l’Allemagne ont vécu le « choc PISA » et ont réformé leur système éducatif depuis les premiers résultats en 2000. Ils ont ainsi grimpé considérablement dans les résultats. En effet, l’Allemagne, la Turquie et le Mexique sont les trois pays cette année qui ont pris le taureau par les cornes pour améliorer leurs résultats en sciences, ainsi que le degré d’équité de leur système éducatif. Pendant ce temps, la France a perdu 16 points : les résultats des jeunes de 15 ans ont baissé, et plus inquiétant ses inégalités ont quant à elles augmentées.

Des pistes d’amélioration ?

En 2014, l’Institut Montaigne mettait en avant dix propositions concrètes pour faire évoluer le système éducatif français ; Rationaliser, mieux cibler et simplifier drastiquement le système d’aide aux entreprises embauchant des apprentis, réformer le circuit de la taxe d’apprentissage et piloter son affectation en région, améliorer et faciliter les conditions d’accès des jeunes à l’apprentissage, et mettre en place une véritable politique nationale de l’apprentissage. Propositions toujours d’actualité, sur le modèle de l’Allemagne en l’occurence, qui voit son chômage chez les jeunes s’élever à 7,8%, contre 24,8% chez les jeunes français.

La réforme du lycée en 1995, et l’augmentation des effectifs dans les classe S au lycée face à la baisse des heures de cours serait également problématique d’après Martin ANDLER, le président d’Animath. Ces réformes auraient entraîné l’abandon du calcul dans le secondaire au profit de la « culture scientifique » pour Mourad Kchouk, de Janson de Sailly. Pascal Charpentier déplore également que les lycéens français ne savent plus faire de calculs mentaux. Jean-Noël Dargnies, responsable des classes préparatoires de Sainte Geneviève (meilleure prépa scientifique de France) constate que les « bons élèves » sont très bien formés, tandis que les élèves rencontrant des difficultés ont bien moins de chance de réussir. L’école française ne s’adapterait donc pas, et aurait juste la capacité d’enseigner aux élèves « faciles ».

Du côté des enseignants…

La reconnaissance du métier d’enseignant et la formation de ces derniers est également primordial pour un système éducatif sain et productif. Par exemple, à Singapour, premier du classement, l’Education Nationale met l’accent sur la qualité de la formation des enseignants et leur statut dans la société. La culture de l’évaluation est très différente dans les pays asiatique du système d’inspection « à la française ». Ce système d’évaluation permettrait pourtant de motiver les enseignants et de récompenser les plus créatifs. Associer les enseignants aux réformes est également une attitude visionnaire pour resserrer les liens et engager des changements réalisables et pratiques.

 Un article du Monde met l’accent sur un fait très important. « En France, la formation des enseignants accorde une importance démesurée aux connaissances théoriques de leur discipline par rapport aux pratiques pédagogiques. Notre modèle demeure dominé par l’approche verticale, le cours magistral et le rapport passif maître-élève, au détriment de pédagogies différenciées, plus adaptées aux difficultés et aux talents individuels des élèves. » Tous les élèves sont censé être identiques, rentrer dans une case, ce qui a pour conséquence des résultats très inégalitaires.

Autre point souligné par le rapport PISA, l’utilisation du numérique qui serait très insuffisante. En effet, la technologie est absente dans les voies générales les trois dernières années du secondaire. Ce qui devrait poser question étant donné l’utilisation du numérique dans nos sociétés.

 En conclusion, le système éducatif français reste dans une moyenne basse concernant ses résultats. Les inégalités, un fléau bien français, ont par contre augmenté. En effet, 2% des élèves venant d’un milieu défavorisé se classent parmi les élèves les plus performants, contre 3% en moyenne pour les pays de l’OCDE.

Pour en savoir plus…

 

 

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Category: A l'école

Oumzaza

A propos de l'auteur ()

Dans le désordre fondatrice d'Oumzaza.fr, rédactrice pour différents sites, bénévole chez Lallab.org, auteure du livre "Pour une éducation responsable", maman instructrice #IEF, et présidente des Zalphabus organisant des sorties et ateliers en Île de France pour les enfants dès 3 ans !

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