banner ad
banner ad

Ecole pour tous ? Sauf pour les enfants atteints de handicap

| 30 janvier 2014 | 3 commentaires

Voici un article afin de dénoncer le Texte n° 245 (2013-2014) de M. Hugues PORTELLI et plusieurs de ses collègues, déposé au Sénat le 18 décembre 2013, visant à limiter la possibilité d’instruction obligatoire donnée par la famille à domicile aux seuls cas d’incapacité. Pourquoi ? Car il semblerait qu’il soit plus important de limiter la Liberté de familles souhaitant vivre l’instruction différemment, tandis que des milliers d’enfants handicapés peinent à faire respecter leurs Droits.

L’IEF en quelques chiffres

Il est difficile de dénombrer le nombre d’enfants non sco’ en France. D’après certains rapports ils auraient été 6.000 en 1998, 1.000 en 2005, sachant que ces chiffres ne comptabilisent pas les familles inscrites au CNED ou aux cours par correspondance reconnus par l’Education Nationale. En 2012, le Figaro rapportait que 30.000 enfants étaient instruits en famille (tous types d’instruction confondus). Certains chiffres aujourd’hui parlent d’environ 40.000 enfants. Il est également difficile de savoir si ces chiffres comprennent les enfants atteints de handicap en attente d’une place à l’école, ce qui réduirait considérablement les chiffres.

pomme-labyrinthe

Pas d’école pour les enfants handicapés ?

A la rentée, entre 10.000 et 15.000 enfants atteints de handicap n’ont pas pu préparer leur cartable. A cet égard nous avions écrit un article le 1er septembre dernier :

Des milliers d’enfants (entre 10 000 et 15 000 en France) sont ainsi sans solution éducative à la veille de la rentrée scolaire. Certains parents ont trouvé des solutions intermédiaires, dîtes « bricolées » par Thierry Nouvel, directeur général de l’Unapei (fédération de familles et proches de personnes handicapées mentales). Il explique que « c’est un phénomène qui se reproduit chaque année. C’est extrêmement difficile à gérer pour les familles, très désocialisant pour elles et pour l’enfant, qui subit un déficit d’éducation, donc un surhandicap « .

(…) Malgré les programmes de créations de places, il y a un retard considérable dû à ces dernières années explique Fabienne Jegu, experte en handicap auprès du Défenseur des droits, saisi par plusieurs parents. Mais « des milliers d’enfants sont privés de leur droit fondamental à l’instruction« .

Lire l’article entier en cliquant ici.

Si nous vous rappelons ceci aujourd’hui, c’est avant tout pour pointer une incohérence dans la proposition de loi visant à limiter l’instruction en famille aux seuls enfants atteints de handicap. Des milliers de familles sont aujourd’hui contraintes en France d’aménager leur quotidien afin de s’occuper de leurs enfants. Une situation très compliquée pour tous les membres des familles. Socialement, économiquement.

L’Instruction en Famille peut être formidable, certes. Mais elle peut devenir un calvaire pour le parent qui n’a pas forcément les compétences et/ou la patience d’instruire son enfant, handicapé qui plus est. De plus selon la gravité de son handicap, l’enfant peut se retrouver confronté à une désocialisation importante. Les sorties, les rencontres, les activités extra-scolaires sont plus difficiles à appréhender pour la famille. Et lorsque son handicap est visible, l’enfant peut avoir plus de mal à aller à la rencontre de l’autre. Bien heureusement ce n’est pas le cas de toutes les familles. Certains parents doivent se révéler être de très bons éducateurs et instructeurs. Et certains enfants doivent être heureux de rester dans un cadre familier.

Tout ceci pour dire que cette proposition de loi nous semble être insultante. Elle ne règle absolument pas le problème de ces familles, pire, elle les enclave davantage en précisant que l’école doit devenir obligatoire, sauf pour eux.

Et à ceux qui justifieront cette exclusion des textes par le programme de créations de places pour ces même enfants, nous pouvons rétorquer que cette loi est dans ce cas injustifiée pour les familles non sco’. L’IEF est cadrée. Le contrôle à caractère social de la mairie tous les deux ans et le contrôle annuel des inspecteurs académiques suffisent à déceler un manquement dans l’instruction des enfants. Il est d’autre part prétentieux de croire que rendre l’école obligatoire va protéger les enfants des dérives sectaires, présentes quoi qu’il arrive, même pour les enfants scolarisés. Cela sous-entend que tous les parents ne scolarisant pas leurs enfants sont un danger pour leur chair et leur sang !

La question aujourd’hui est de se questionner. L’urgence est-elle de tenter de répondre à un besoin de milliers de familles dans l’espoir d’avoir une place à l’école pour leurs enfants, ou remettre en cause la liberté de choix d’instruction de milliers de famille épanouie ayant choisi cette situation ?

Cri de colère pour les familles non sco’

Alors que la majorité des parents s’étant engagés à instruire eux même leur progéniture est de respecter la liberté et l’épanouissement des enfants, de privilégier une véritable vie « sociale », plus autonome et libre, au delà de leur apporter une instruction plus que correcte et épanouie, l’on accuse les familles non sco’ d’enfermement et d’endoctrinement. Voici en effet ce que dit le projet de loi :

L’un des buts de la scolarisation de l’enfant est sa socialisation. Celle-ci nécessite une éducation qui ait une dimension collective, qui lui permette de découvrir la diversité des conditions et des cultures des enfants de son âge et de rendre son développement plus harmonieux.

Dans cet esprit, l’éducation à domicile par la famille ne peut être qu’une situation exceptionnelle, liée à l’état de santé ou à l’incapacité permanente ou temporaire de l’enfant. Elle ne peut être le prétexte d’une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l’enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux.

Cette proposition de loi limite donc l’instruction en famille, comme nous l’avons évoqué plus haut, aux seuls enfants dans l’incapacité d’aller à l’école, comme le mentionne ce passage :

« À titre exceptionnel, l’instruction obligatoire peut être donnée dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix, lorsque l’enfant est dans l’impossibilité, pour des raisons liées à son incapacité physique ou mentale, de pouvoir suivre régulièrement une formation dans un établissement d’enseignement. Cette incapacité est constatée et attestée, dans chaque département, par un médecin agréé par le directeur académique des services de l’éducation nationale (DASEN). Celui-ci notifie à la famille l’autorisation d’éduquer l’enfant à leur domicile. Cette autorisation est accordée pour un an et doit être renouvelée, suivant la même procédure, chaque année jusqu’au terme de la scolarité de l’enfant. À cette occasion le directeur académique des services de l’éducation nationale fait vérifier que l’instruction dispensée est conforme au droit de l’enfant à l’instruction tel que défini au présent article.

 Un médecin de la DASEN donnerait donc son autorisation aux parents d’éduquer leur propre enfant à domicile uniquement si ce dernier est dans l’incapacité de suivre régulièrement une formation dans un établissement d’enseignement. D’éduquer.

L’Instruction Publique a fait place à l’Education Nationale en 1932. Et comme l’ont affirmé Georges Fenech, président de la MIVILUDES  en 2011, et la sénatrice PS de l’Oise Laurence Rossignol il y a quelques jours, les enfants n’appartiennent pas à leurs parents. L’on comprend que l’éducation n’est plus une affaire de famille. Nous n’aborderons même pas dans cet article les nouveaux sujets qui fâchent, à savoir la théorie-du-genre-inventée-renommée-détournée et le texte de l’OMS Standards pour l’éducation sexuelle en Europe… Nous essayerons d’aborder ces sujets séparément, après avoir fait le tri de toutes les infos qui nous tombent sur le coin du nez depuis quelques jours !

Revenons-en à nos moutons, la proposition de loi est toujours au stade de première lecture au sénat. Pour connaître son avancée, cliquez ici.

Relire aussi ma tribune sur Ajib.fr : Loi de restriction de l’IEF : le cri de colère d’OumZaZa

Et en attendant, comme le rappelle les Parents Instructeurs de France, l’instruction en famille est un DROIT !
.
« L’instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans.« 
Article L131-1 
.
« L’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix. »
Article L131-2

Pinterest

Tags: , , , , ,

Category: A l'école

Oumzaza

A propos de l'auteur ()

Oumzaza, créatrice et rédac' chef du Webzine des familles ! J'aime m'informer et écrire sur l'actualité autour des familles, partager des dossiers importants autour de l'éducation et de l'instruction, parler maternage, santé, shopping, sorties, activités manuelles..., et surtout échanger avec vous !

Commentaires (3)

Trackback URL | Flux RSS des commentaires

  1. 1
    oumwaliya dit :

    très bon article !
    que l’état s ‘occupe donc de ces enfants qui veulent aller à l’école plutôt que de chercher nos enfants en ief! (et aussi les 130 000 enfants qui sortent du système scolaire sans diplôme)

  2. 2
    mine dit :

    On complique l’accès à l’enseignement à domicile :

    http://lesalonbeige.blogs.com/.a/6a00d83451619c69e201a73d8311c3970d-pi

    • 2.1
      Oumzaza Oumzaza dit :

      Oui ce document vient de notre article sur le CNED, publié en début de semaine, la maman nous l’a envoyé il y a quelques semaines mais apparemment le CNED envoie ce courrier dans le 95 depuis plusieurs années d’après d’autres mamans, on va mener l’enquête…

Laisser un commentaire

banner ad
Email