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Ces non sco’ célèbres : le prix Nobel de physique Pierre-Gilles de Gennes

| 29 novembre 2016 | 0 commentaire

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Pierre-Gilles de Gennes, né le 24 octobre 1932 à Paris, est le fils d’un médecin formé dans l’armée juste avant la grande Guerre, et d’une mère, infirmière durant la guerre, issue d’une famille fortunée de banquiers lyonnais. Pierre-Gilles de Gennes est aussi un descendant direct du savant et mathématicien bâlois Jean Bernoulli. Instruit par sa mère jusqu’à ses 11 ans, il semble avoir trouvé sa voie avec enthousiasme et passion. 

Un voyage à Bristol, une rencontre avec la science

Pierre-Gilles de Gennes a des soucis de santé, et suit un traitement pulmonaire dans les Alpes de Haute-Provence. Il est ainsi éduqué et instruit par sa mère jusqu’à l’âge de 11 ans. Puis à 13 ans, Pierre-Gilles se rend à Bristol pour apprendre l’anglais. Là bas il rencontre le physicien des particules Giuseppe Occhialini, et commence à s’intéresser à la science… Il fait sa rentrée au lycée Saint-Louis pour préparer le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure : la classe « Normale Sciences Expérimentales » (NSE). Il rentre à l’École normale supérieure de Paris en 1951, et y fait la connaissance de trois physiciens de renom : Yves Rocard, Alfred Kastler et Pierre Aigrain.

En 1954, marié, papa, et agrégé !

En 1954, Pierre-Gilles prépare à 22 ans le concours de l’agrégation de physique. Cette même année naît son fils, Christian (1954), l’aîné de Dominique (1956) et Marie-Christine (1956). Il arrive troisième au concours en 1955, juste derrière Philippe Nozières.

En 1955 il entre au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour préparer sa thèse : « Contribution à l’étude de la diffusion magnétique des neutrons ». Entre 1959 et 1961, Pierre-Gilles devient ingénieur détaché du CEA et part à l’université de Californie à Berkeley. Il fait ensuite son service militaire dans le laboratoire du CEA, laboratoire chargé des essais relatifs à la première bombe atomique française. Il assiste même à l’explosion de Gerboise bleue dans le Sahara algérien.

Un professeur pédagogue et innovant

pierre-gilles-de-gennes-2De 1961 à 1971, Pierre-Gilles de Gennes devient maître de conférences de physique des solides et professeur titulaire à la faculté des sciences d’Orsay de l’université de Paris (l’université Paris-Sud). Pierre-Gilles a consacré énormément de temps à l’enseignement, à partager avec les jeunes. Pierre-Gilles de Gennes n’hésitait pas à critiquer l’enseignement porté sur la théorie, et recommandait aux professeurs de l’Éducation nationale de faire des stages en entreprises ! Pour lui, l’enseignement de l’École polytechnique n’était pas assez pragmatique. Il développe l’enseignement pratique et inclue l’esprit d’innovation de ses élèves dans ses méthodes d’enseignement. Il était reconnu pour être un chercheur visuel, travaillait sur des objets, faisant beaucoup de schémas, de figures, de la peinture aussi, et du dessin. L’on rapporte la qualité de son expression, de sa calligraphie et sa justesse dans le choix de ses mots. Il était reconnu par ses collaborateurs pour son aptitude « à saisir l’essentiel d’un phénomène et à en isoler les effets importants ».

En 1971, il est nommé professeur au Collège de France. Il quitte même son laboratoire d’Orsay pour en créer un autre au Collège de France, entouré d’autres spécialistes de la physique expérimentale : Madeleine Veyssié et Françoise Brochard-Wyart, avec qui il aura quatre enfants. En 1976, Pierre-Gilles est nommé directeur de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI-ParisTech). Un an plus tard, il a une fille avec sa collègue Françoise Brochard-Wyart : Claire (1977), aînée de Matthieu (1978), Olivier (1984), et Marc (1991). Il reste malgré tout marié avec sa femme Anne-Marie Rouet jusqu’à sa mort.

1991, papa pour la septième fois et Prix Nobel de Physique

pierre-gilles-de-gennes-3Pierre-Gilles de Gennes reçoit le prix Nobel de physique en 1991, pour ses travaux sur les cristaux liquides et les polymères. Ses travaux ont inspiré et engagé de très nombreuses études en physique, en physico-chimie fondamentales et en sciences appliquées. Après son prix Nobel, il visite plus de 200 lycées français.

En 2002, il étudie à l’Institut Curie (sujets proches de la matière molle, les vésicules, les pores, l’adhésion cellulaire et la chimiotaxie, en transposant pour la biologie les concepts qu’il a développé en physico-chimie), puis étudie les neurosciences et le stockage des odeurs dans la mémoire.

Pierre-Gilles était également une personne engagée. En 2006, il dénonce la décision de construire le programme nucléaire ITER. Puis il signe avec d’autres lauréats du prix Nobel, un appel demandant qu’une délégation du Comité des droits de l’enfant de l’ONU rende visite à un enfant tibétain en résidence surveillée depuis 1995 en Chine. En 1994, il avait du mal à croire en un réchauffement climatique, jusqu’en 2006 où il co-signe une tribune dans Le Figaro intitulée « La France doit rester en tête de la lutte contre le réchauffement climatique ». 

Pierre-Gilles de Gennes meurt d’un cancer diagnostiqué cinq ans plus tôt, le 18 mai 2007 à Orsay.

L’ESPGG à Paris, un monde imaginé par Pierre-Gilles

L’ESPGG est à la croisé d’un espace d’animation grand public et d’un laboratoire d’innovation pour la médiation scientifique. C’est ainsi que se défini l’espace sur son site. « Il se situe à l’interface entre science, culture, art et société. Il constitue un lieu ouvert pour favoriser les échanges, les rencontres et les réflexions communes entre chercheurs, enseignants, journalistes, artistes, narrateurs, curieux des sciences et des cultures. » L’ESPGG est une « Passerelle entre la cité et le monde scientifique imaginée en 1994 par Pierre-Gilles de Gennes ».

Avec les Zalphabus, nous nous y sommes rendus deux fois déjà. A l’ESPGG l’on peut découvrir aujourd’hui :

  • Des expositions temporaires et permanentes (parmi lesquelles des instruments originaux de Pierre et Marie Curie) ;
  • Des animations scientifiques pour publics familiaux et scolaires ;
  • Des conférences grand public avec des expériences ;
  • Des séminaires sur la communication des sciences et la pédagogie ;
  • Des événements, soirées, rencontres entre art, science et culture ;
  • Des activités d’accompagnement de l’enseignement des sciences dans la dynamique de La Main à la Pâte.

Comme un petit monde qui fait vivre encore aujourd’hui l’enthousiasme et les passions de Pierre-Gilles de Gennes !

Un personnage atypique et passionné

Son instruction à domicile a-t-elle eu un impact positif sur sa vie, sa vision des apprentissages, la Liberté dont il faisait preuve dans ses publications, ses critiques objectives du système, ses remises en question ?

Comme Agatha Christie ou Charlie Chaplin, ces non sco’ avaient un profil atypique et ont su très vite se différencier, se démarquer, rebondir et persévérer. Si leur instruction (ou leur non instruction pour Charlie Chaplin) n’est pas la cause de leur réussite, elle ne les a à aucun moment handicapé d’après leurs parcours de vie !

 

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Category: IEF

Oumzaza

A propos de l'auteur ()

Dans le désordre fondatrice d'Oumzaza.fr, rédactrice pour différents sites, bénévole chez Lallab.org, auteure du livre "Pour une éducation responsable", maman instructrice #IEF, et présidente des Zalphabus organisant des sorties et ateliers en Île de France pour les enfants dès 3 ans !

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